L'Homme qui a vu l'ours qui a vu l'homme
Plate-forme : DVD
Date de sortie : 21 Janvier 2026
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


7/10

Réalisé par Pierre Richard.

Présenté en avant-première au Festival de Cannes (en Séance Spéciale) avant sa sortie nationale en salles en septembre 2025, ce film marque le retour à la réalisation du "Grand Blond", vingt-huit ans après Droit dans le mur (1997). L'histoire s'ancre dans le Midi de la France. Grégoire (Pierre Richard), un vieil ermite un peu bourru qui fuit la folie du monde moderne, vit reclus dans une cabane. Sa trajectoire croise celle de Michel (Timi-Joy Marbot), un jeune homme vivant avec un trouble du spectre de l'autisme (Asperger). Malgré le fossé des générations, une amitié pure, cimentée par leur amour commun de la nature, s'installe entre eux. Tout bascule le jour où ils croisent le chemin de Shadow, un impressionnant ours de 800 kilos qui vient de s'échapper d'un cirque itinérant. Plutôt que de donner l'alerte, le duo décide de recueillir, cacher et protéger l'animal, déclenchant une série de situations rocambolesques dans la région.

Ce qui frappe dès les premières minutes, c'est la tendresse et la candeur du récit. Pierre Richard livre un film déconnecté des cynismes de l'époque. Il n'y a pas de cynisme, pas de message politique lourd ou de prise de position idéologique forcée : c'est un hymne simple à la liberté, à l'empathie et au droit à la différence (représentée par la solitude choisie de l'ermite, la neuroatypie du jeune homme, et l'animal captif). Le film renoue avec des dynamiques de comédie douce-amère. Pierre Richard s'entoure de personnages secondaires haut en couleur et un brin loufoques (comme un boucher local fan absolu de Johnny Hallyday). Si le comique repose parfois sur des structures de répétition un peu aléatoires qui rappellent le cinéma d'antan, le ton reste profondément chaleureux. La complicité entre Pierre Richard et le jeune Timi-Joy Marbot est le véritable cœur émotionnel du film. La force du film réside aussi dans son cadre. La réalisation profite magnifiquement de la lumière et de la nature sauvage de Gruissan. La présence physique de l'ours Shadow apporte une poésie brute à l'écran, imposant un rythme plus lent, presque contemplatif par moments, qui tranche avec la frénésie des comédies contemporaines.

VERDICT

-

L'Homme qui a vu l'ours qui a vu l'homme n'est pas un film à gros budget qui cherche l'efficacité à tout prix. C'est un testament artistique touchant, une comédie bucolique et abracadabrantesque qui ressemble à son auteur : d'une infinie gentillesse, un peu maladroite, mais profondément humaine.

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