Frankenwood
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 03 Avril 2026
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario : Darko Macan
Dessin : Igor Kordey

Los Angeles, années 60. Un détective qui est le portrait craché d'Humphrey Bogart est engagé par une troublante sosie de Marilyn Monroe qui affirme avoir été assassinée… avant de revenir d’entre les morts. Leur enquête porte sur la disparition de George Reeves, l'acteur qui incarnait Superman dans une série télévisée. Leur investigation les dirigera vers « The Castle », un établissement qui réanime les acteurs défunts (!). Le privé va découvrir que les véritables monstres ne sont pas ceux que l'on croit, mais se cachent plutôt derrière les bureaux des producteurs, les projecteurs et les ambitions dévorantes des studios. Décidément Hollywood poussera le concept du recyclage jusqu'à la corde ...

Une collaboration entre Darko Macan et Igor Kordey est toujours un événement pour les amateurs de bande dessinée musclée, inventive et politiquement incorrecte. Avec "Frankenwood", le duo croate nous livre une œuvre hybride, à la fois hommage amoureux et satire féroce de l’âge d’or du cinéma. Le scénario de Macan ne se contente pas d'une parodie. C'est une critique acerbe du système des studios de l'époque. Frankenwood est en effet un mélange entre Frankenstein et Hollywood, ou quand la tension entre la vision créative et la rentabilité financière est exacerbée. Les personnages vivent, meurent, et ressuscitent à nouveau dans un cycle perpétuel. Les personnages se multiplient, tous issus de la culture populaire (Hardy, JF Kennedy, Alfred Hitchcock et bien d'autres), dans une immortalité factice.  Macan souligne l'absurdité et la cruauté de la société hollywoodienne. Le dessin d'Igor Kordey est le moteur de cet album. Connu pour son trait nerveux et sa productivité légendaire, il livre ici une prestation de haute volée. Kordey excelle à rendre les personnages imposants et vulnérables. Ses visages sont souvent outrés, renforçant le côté grotesque et théâtral de l'univers cinématographique. Les décors de tournages, les costumes et l'ambiance "vintage" sont rendus avec une précision qui nous immerge immédiatement dans l'époque. Le rythme est soutenu, presque cinématographique, avec une gestion de l'ombre et de la lumière qui rappelle l'expressionnisme allemand (une influence majeure des films d'horreur Universal de l'époque).

VERDICT

-

"Frankenwood" est une œuvre dense qui se lit à plusieurs niveaux. C'est à la fois une aventure trépidante, une lettre d'amour au cinéma de genre et un réquisitoire contre la machine à broyer les rêves. Si vous aimez les récits qui sortent des sentiers battus et les dessins qui ont du caractère, ce delirium post-mortem est une pièce indispensable de votre bibliothèque.

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