Rejoignez le général Johnny Rico et la major Samantha « Sammy » Dietz, qui vous présentent le dernier jeu officiel de la FedDev.
Délicieusement kitsch.
Starship Troopers: Ultimate Bug War! reprend l'ADN familier de la franchise de science-fiction culte et le transpose dans un FPS résolument old-school, à la fois respectueux du genre et d'une précision rafraîchissante. Développé par Auroch Digital, le jeu privilégie l'immersion dans des batailles chaotiques à grande échelle plutôt que dans des couloirs scénarisés. Dès le départ, il se positionne moins comme une expérience cinématographique que comme un champ de bataille stratégique, où la survie repose sur la mobilité, la vigilance et la capacité à gérer un ennemi largement supérieur en nombre, plutôt que sur la mémorisation de séquences prédéfinies. La structure des missions est particulièrement marquante. Au lieu de contraindre le joueur à suivre des chemins étroits et linéaires, le jeu le plonge fréquemment dans de vastes cartes semi-ouvertes aux objectifs multiples et imbriqués. Il peut s'agir de détruire des nids d'Arachnides, de secourir des escouades isolées, d'activer des systèmes défensifs ou de défendre un territoire contre des vagues d'ennemis, le tout dans un même espace. Ce design confère à l'expérience un rythme dynamique, presque libre, où les affrontements semblent moins chorégraphiés et plus spontanés. Les rencontres se déroulent rarement de la même manière, surtout lorsque plusieurs objectifs s'entrecroisent et sollicitent le joueur dans des directions opposées, renforçant ainsi le sentiment d'être un simple soldat au sein d'un effort de guerre bien plus vaste. Les combats sont rapides, agressifs et volontairement intenses. Le jeu exploite pleinement l'univers de Starship Troopers en lançant des hordes d'ennemis sur le joueur, l'obligeant à se repositionner constamment et à prendre des décisions rapides. Les armes sont percutantes et jouissives, avec un arsenal varié allant des fusils standards aux explosifs lourds et aux outils de soutien capables de renverser le cours d'une bataille dans les situations les plus désespérées.
Le jeu ne prend pas le joueur par la main : la gestion des munitions, le positionnement et la conscience de la situation sont essentiels, et toute erreur est rapidement sanctionnée. Parfois, le nombre impressionnant d'ennemis peut rendre le chaos insoutenable, mais cette profusion fait aussi partie intégrante de l'identité du jeu, reflétant la pression constante qui caractérise la représentation de la guerre dans la franchise. La présentation renforce cette approche grâce à un style visuel mêlant esthétique rétro et clarté moderne. Les environnements sont vastes et représentent souvent des colonies dévastées ou des avant-postes fortifiés assiégés, créant ainsi une forte impression d'échelle et de contexte. Malgré un style graphique épuré, avec des graphismes légèrement en low-poly, le jeu conserve une excellente lisibilité même lors des combats les plus intenses, un atout essentiel compte tenu de la rapidité avec laquelle les situations peuvent dégénérer. La conception sonore joue également un rôle majeur : les bavardages incessants des soldats, le crissement des insectes qui approchent et le grondement des armes lourdes se conjuguent pour créer une atmosphère à la fois chaotique et militariste. Sur le plan narratif, le jeu ne vise pas un drame psychologique profond, mais il restitue efficacement le ton satirique propre à Starship Troopers. À travers des briefings de mission, des diffusions en direct et des apparitions ponctuelles de personnages familiers, l'histoire présente le conflit d'une manière qui reflète le style propagandiste caractéristique de la franchise. L'accent est moins mis sur les parcours personnels que sur le renforcement de l'absurdité et de l'ampleur de l'effort de guerre, ce qui s'accorde parfaitement avec le gameplay. Le joueur n'est jamais présenté comme un héros solitaire ; il fait partie d'une force plus importante, souvent sacrifiable, et cette perspective influence subtilement la perception de l'expérience globale.
Vivez aussi la guerre de l'autre côté.
L'une des nouveautés les plus marquantes est l'ajout d'un mode permettant aux joueurs de contrôler les Arachnides. Il ne s'agit pas d'une simple curiosité : ce mode introduit un style de jeu totalement différent, axé sur les tactiques d'essaim, la mobilité et le contrôle indirect. Changer de perspective met en lumière les approches de combat différentes de chaque camp et ajoute une dimension variée qui contribue à alléger l'intensité de la campagne principale. Le jeu renforce également l'ampleur du conflit en montrant que le champ de bataille n'est pas seulement chaotique du point de vue humain ; il est tout aussi complexe pour les créatures qui s'y affrontent. Cela dit, son attachement à une philosophie de conception rétro peut s'avérer à double tranchant. Si la structure ouverte des missions et les batailles à grande échelle créent des moments mémorables, les objectifs eux-mêmes peuvent devenir répétitifs. Nettoyer les nids, défendre des zones et accomplir des tâches similaires sur plusieurs cartes peut finir par lasser, surtout lors de longues sessions. De plus, les joueurs qui s'attendent à des systèmes de progression modernes, à une personnalisation poussée ou à un mode multijoueur riche pourraient trouver l'expérience quelque peu limitée, car le jeu reste résolument axé sur son mode solo. Au final, ce FPS s'impose comme une contribution marquante à la vague grandissante des shoot'em up modernes d'inspiration rétro, se distinguant par ses missions ouvertes et sa volonté de dépeindre la guerre comme un univers écrasant et souvent incontrôlable. Bien qu'il ne plaise pas à tous, notamment à ceux qui recherchent une expérience plus moderne ou plus riche en fonctionnalités, il offre une expérience de jeu captivante et gratifiante pour les joueurs prêts à adhérer à sa philosophie.

VERDICT
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Starship Troopers: Ultimate Bug War! réussit en restant fidèle à sa vision. Il ne cherche pas à rivaliser avec les FPS cinématiques contemporains ou les jeux en service continu ; il mise plutôt sur une expérience intense et ciblée, construite autour de l'immensité, du chaos et d'une jouabilité limpide. Le résultat est un jeu qui assume pleinement son concept : un mélange de shoot'em up rétro et de guerre à grande échelle, qui restitue à la fois le spectacle et la satire sous-jacente de son matériau d'origine.